Entre ciel et feuilles
« Il pousse plus de choses dans un jardin que n’en sème le jardinier. »
Proverbe espagnol
« Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles. »
Christian Bobin
« Le jardin est une méditation à ciel ouvert, un secret révélé à qui le mérite. »
Ghislaine Schoeller
« Un jardin, même tout petit, c’est la porte du paradis. »
Marie Angel
« Les jardins sont une des formes du rêve, comme les poèmes, la musique et l’algèbre. »
Hector Bianciotti
« L’hiver mon jardin s’ennuie de moi… C’est pourquoi il préfère s’endormir pour quelque temps… »
Céline Blondeau
Entre ciel et feuilles mon jardin imaginaire
En 2015, j’ai brodé ce projet monochrome qui conduit en promenade dans mon jardin imaginaire.Pour agrémenter mon jardin de rêve, pour évoquer la sérénité de cet espace végétal, je l’ai imaginé en une délicate nuance de bleu-gris doux.
Au cœur de mon jardin imaginaire se pavane une rosace florale qui attire sans détours le regard.
Ce médaillon central mêle feuilles et éléments géométriques, rappelant par sa régularité et son élégance les jardins à la française.
Autour de cet astre, les lettres de l’alphabet s’alignent, s’étalent, s’épanouissent, éparpillent, chacune d’elle est ornée d’une petite étoile végétale.
Une guirlande de feuillage encadre l’ensemble et, posés aux quatre coins de l’ouvrage, d’aériens et discrets motifs triangulaires ferment la composition.
Ces fins détails décoratifs renforcent l’impression d’un jardin intérieur, secret, mystérieux, clos et intime. Ce parterre brodé entre ciel et feuilles est l’imaginaire d’une broderie en promenade rêveuse.
Broderie
rêveuse
d’un jardin
intérieur
entre ciel
et feuilles
ensoleillé
d’une
rosace
de raffinement
un jardin
à la française
aux contours
élégants
et
précieux
espace intime
et clos
gardien
de secrets
de mystères
et de rêves.
C B
Poème jardinier
Dans les jardins, le vent sauvage
Berce des fleurs aux noms latins.
Dans les jardins, sous les ombrages,
La nuit est verte le matin.
L’abeille dans la fleur sauvage
Prend le sucre de son festin.
Le ruisseau roule des images
Dont les yeux ne sont pas éteints.
La branche et le fruit sont sauvages.
L’oiseau volette et le nuage
Avec le soir change de teint.
Et les parfums sont des sauvages,
Savants à parler le langage
Des lieux où naquit leur destin.
Louise de Vilmorin
Mon jardin
Mon jardin si petit, si riant, si coquet
Propose gentiment son calme et sa fraîcheur
Groupant toutes ses fleurs, il forme un grand bouquet
Le chèvrefeuille ocré diffuse sa senteur.
Le rosier vermillon croule sous le portail
Offrant au vent léger son parfum épicé
Et s’ouvre pleinement en un large éventail
Sur le support ancien de bois entrelacé.
Le lierre allègrement monte le long du mur
Dans ses feuilles parfois se faufile un oiseau
Ce minuscule Éden couronné par l’azur
S’arrête court devant les perles d’un rideau.
Marie-Antoinette Cordina-Fontana
Ayant poussé la porte…
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.
Rien n'a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Je jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.
Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.
Verlaine


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