Noël

« La plus belle joie de Noël, c’est la joie intérieure, la joie de la paix »
Pape François

Les cloches de minuit

La Terre espère et les Cieux rêvent,
Il neige à gros flocons sans bruit,
Quand, au loin, des rumeurs s’élèvent :
Ce sont les cloches de Minuit.

Écoutez : le carillon sonne
Et le bourdon, à l’unisson :
Qui restera sourd – personne –
À cette douce Chanson ?

Tour à tour, éloignés ou proches,
Les anges chantaient autrefois :
Aujourd’hui, dans la voix des cloches,
Nous entendons encor leurs voix !

Écoutez : le carillon sonne
Et le bourdon, à l’unisson :
Qui restera sourd – personne –
À cette douce Chanson ?

Devant le Nouveau-Né sans langes,
Bergers et rois, à qui mieux mieux,
Au chant des cloches et des anges,
Vont s’incliner dévotieux !

Écoutez : le carillon sonne
Et le bourdon, à l’unisson :
Qui restera sourd – personne –
À cette douce Chanson ?

Le Sauveur s’en vient dire aux hommes
Des mots pas encore entendus :
En son Nom, tous, tant que nous sommes,
Aimons-nous mieux ! Aidons-nous plus !

Théodore Botrel

La Crèche de Noël

Les solives du toit faisaient comme un arceau.
Les rayons du soleil baignaient la tête blonde.
Tout était pur alors et le maître du monde
Était un jeune enfant dans un pauvre berceau.

Sous le regard de l’âne et le regard du bœuf
Cet enfant reposait dans la pure lumière.
Et dans le jour doré de la vielle chaumière
S’éclairait son regard incroyablement neuf.

Le soleil qui passait par les énormes brèches
Éclairait un enfant gardé par du bétail.
Le soleil qui passait par un pauvre portail
Éclairait une crèche entre les autres crèches.

Mais le vent qui soufflait par les énormes brèches
Eût glacé cet enfant qui s’était découvert.
Et le vent qui soufflait par le portail ouvert
Eût glacé dans sa crèche entre les autres crèches

Cet enfant qui dormait en fermant les deux poings
Si ces deux chambellans et ces museaux velus
Et ces gardes du corps et ces deux gros témoins
Pour le garer du froid n’eussent soufflé dessus.

Sous le regard du bœuf et le regard de l’âne
Cet enfant respirait dans son premier sommeil.
Les bêtes calculant dedans leur double crâne
Attendaient le signal de son premier réveil.

Et ces deux gros barbus et ces deux gros bisons
Regardaient s’éclairer la lèvre humide et ronde.
Et ces deux gros poilus et ces deux gros barbons
Regardaient sommeiller le premier roi du monde.

Charles Péguy

Nativité

À la veille de temps si neufs,
Qui nous dira jamais pourquoi
Dieu choisit les yeux noirs d’un bœuf
Pour refléter, cette nuit-là,
Dans l’ombre chaude de l’étable,
Son fils plus doré qu’un retable,
La Vierge encor toute étonnée
De n’être plus abandonnée,
Saint-Joseph qui n’en revient pas
De voir auprès de lui des rois
Et ces bergers, debout, naïfs,
Pareils à une rangée d’ifs
Et l’âne priant à genoux
Et répétant : « Pitié pour nous,
Les bêtes qui, hélas ! ne sommes
Que des parias parmi les hommes. »

Maurice Carême

Joyeux Noël à tous !


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