Laine rouge et petites griffes

Grille point de croix offerte par Arachné
inspirée d’un ancien livret de filet au crochet

« Il y a peu de choses dans la vie plus réconfortantes que d’être accueillie par un chat. »
Tay Hohoff

« J’aime les chats parce que j’aime ma maison et après un certain temps, ils deviennent son âme visible. »
Jean Cocteau

« Quel plus beau cadeau que l’amour d’un chat ? »
Charles Dickens

« On ne possède pas un chat, c’est lui qui vous possède. »
Françoise Giroud

« Les chats sont de gentils maîtres, tant que vous vous souvenez de votre place. »
Paul Gray

« Le chat est le seul animal qui soit arrivé à domestiquer l’homme. »
Marcel Mauss

« Les chats peuvent déterminer mathématiquement l’endroit exact pour s’asseoir qui causera le plus de dérangement. »
Pam Brown

Laine rouge et petites griffes

Une boule de laine rouge, brillante et douce, vient de tomber sous le fauteuil du salon. Deux chatons malicieux, assis non loin de là, s’ennuient fermement.
L’intrigante pelote qui attire leurs regards semble les défier.
Les deux coquins tentent de résister à l’appel de cette intruse, à l’envie irrésistible de s’emparer de l’effrontée qui les nargue…
Soudain, n’y tenant plus, d’un saut agile, le plus espiègle, le plus téméraire des deux, s’élance et attrape la pelote entre ses pattes.
Il la fait rouler, la fait se dévider sur le sol, libérant ainsi un long fil de laine rouge qui danse.
Son frère, qui observait la scène depuis sa cachette, plus timoré mais tout aussi joueur, bondit à son tour.
Ensemble, les voilà qui pourchassent la boule, la font bondir, rebondir, la lancent en l’air, tirent sur le fil qui se défait de plus en plus comme si elle était vivante.
La porte du jardin est restée entrouverte, la boule de laine s’échappe par là, roule sous un buisson, se cache, puis, tout à coup, ressort, telle une petite boule de feu hardie.
Alors, nos deux chatons, sans hésiter se lancent à sa poursuite.
Ils traversent les parterres de fleurs, sautent dans les herbes hautes, se cachent derrière les arbustes, miaulent de joie à chaque rebond que fait l’insolente.
Parfois, ils se passent la pelote à tour de rôle, la faisant virevolter haut dans les airs avant de repartir en trombe.
La boule, désormais est méconnaissable, poussiéreuse, poisseuse, toute défaite, son fil est plein de nœuds et tout emmêlé mais peu importe, pour nos deux chatons, c’est leur merveille, c’est leur butin fabuleux.
Quand le soir tombe, épuisés par leur course effrénée et leurs bonds acrobatiques, les deux chatons tenant toujours entre leurs griffes leur précieuse prise regagnent la maison et vont se blottir dans leur panier.
Chacun pose alors, sa tête sur le trophée et les voilà qu’ils s’endorment en rêvant déjà à leurs prochaines aventures, à leurs courses endiablées avec leur adoré butin de boule de laine rouge…
À vos aiguilles chères amies brodeuse !
Brodez sans hésiter cette scène pleine de vie, ces deux chatons joueurs et leur boule de laine rouge qui vous promettent un moment de broderie espiègle, doux et plein de charme.

Une boule
de laine rouge
douce
et scintillante
s’est perdue
sous
un fauteuil
deux chatons
malicieux
observent
l’intruse
qui
les nargue
d’un saut
agile
ils bondissent
sur
l’impertinente
d’un coup
de patte
la font
rouler
tirent
sur
le fil
la poursuivent
la lancent en l’air
sautent 
se cachent
miaulent
de joie
à chaque
rebond
que fait
l’insolente
ils s’élancent
avec elle
dans
une course
effrénée
qui dure
des heures
le soir
venu
épuisés
ils
regagnent 
leur panier
tenant toujours
entre
leurs griffes
la pelote
méconnaissable
et 
s’endorment
en rêvant
à de nouvelles
galopades
à la poursuite
de leur
adoré
trophée
de
laine rouge.

C B


Le Petit Chat

C’est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge,
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
À ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s’amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe, et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l’air étonné d’avoir déjà fini.
Et comme il s’aperçoit qu’il s’est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates,
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Edmond Rostand

Le petit chat noir

Mon petit chat est noir,
Noir comme du charbon.
On le croit sale, eh non !
Il est né noir, tout noir
De la queue au menton.
Mais eût-il la noirceur
D’un méchant diablotin,
Rien ne vaut sa douceur
Quand il miaule, au matin,
Pour me lécher la main.

Maurice Carême

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