Ce que tisse la nuit

Grille point de croix offerte par Arachné

« La nuit est le contraire du silence. La nuit vit. La nuit parle. »
Jean-François Deniau

« Toutes les idées sont tissées sur le canevas de la nuit. »
André Suarès

« Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière. »
Victor Hugo

« La vaste nuit allume toutes les étoiles. »
Tagore

« Le jour est le père du labeur et la nuit est la mère des pensées. »
Proverbe italien

« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. »
Edmond Rostand

Ce que la nuit tisse

« La nuit, en secret, épanouit les fleurs et laisse le grand jour récolter les compliments. »
Tagore 

C’est cette citation, chères complices de l’aiguille, qui m’a inspiré la grille que j’ai imaginée pour vous et qui est comme un secret partagé entre brodeuses passionnées.
Car comme l’évoque cette citation de Tagore, chaque point que vous posez sur votre toile est une offrande à la beauté discrète, née de votre patience et de votre persévérance.
Tout comme les fleurs qui s’épanouissent dans l’ombre pour offrir leur splendeur à la lumière, vos ouvrages prennent vie loin des regards, dans l’intimité de vos moments de sérénité et de concentration.
Chaque fil, chaque couleur, chaque geste est une graine prête à éclore que vous plantez de vos doigts sur votre toile.
Alors, laissez-vous porter par cette citation, et que votre aiguille danse entre contemplation et inspiration.
Que cette grille devienne, pour vous, un rappel que les plus belles choses naissent souvent dans l’ombre, avant de s’offrir au monde avec grâce et élégance.
Et, chères complices de l’aiguille, osez et n’hésitez pas à afficher, cette pensée en hommage à la douceur de l’éclosion délicate de vos rêves créatifs.

La nuit
les fleurs
cachées
dans l’ombre
prennent
vie
et
le jour
venu
dans
la lumière
célèbrent
l’éclat
de
leur beauté
née
dans
le secret
de
la patience
et de
l’harmonie
un
trésor
précieux
que
la nuit
a façonné
en silence.

C B

La nuit

Le ciel d’étain au ciel de cuivre
Succède. La nuit fait un pas.
Les choses de l’ombre vont vivre.
Les arbres se parlent tout bas.

Le vent, soufflant des empyrées,
Fait frissonner dans l’onde où luit
Le drap d’or des claires soirées,
Les sombres moires de la nuit.

Puis la nuit fait un pas encore.
Tout à l’heure, tout écoutait,
Maintenant nul bruit n’ose éclore,
Tout s’enfuit, se cache et se tait.

Tout ce qui vit, existe ou pense,
Regarde avec anxiété
S’avancer ce sombre silence
Dans cette sombre immensité.

C’est l’heure où toute créature
Sent distinctement dans les cieux,
Dans la grande étendue obscure
Le grand Être mystérieux !           

Victor Hugo 

La nuit

La nuit vient de tomber, la lune est dans les cieux,
Et la ville s’endort aux bruits mystérieux.
La mer, par intervalles, berce son flot morose,
Et les cloches du port sonnent un doux repos.
À travers l’obscurité tout à coup resplendit
L’azur du firmament où l’étoile luit,
Et la lueur s’étend dans la plaine, et l’étoile
Mêle sa clarté d’or à la clarté des voiles.
La mer est calme, et l’âme écoutant les rumeurs
S’abandonne au doux rêveur de ses longues heures,
Et tout, et le ciel pur, et l’océan profond,
Et les astres d’en haut, et les astres d’en bas,
Semble parler un mot d’amour à l’âme enfin lasse,
Et répandre sur elle une douceur sans fin.
La mer, que luit le ciel, que le flot baigne l’onde,
Que la lune et les vents confondent leur doux son,
Que la mer soit limpide et que le vent réponde,
L’un au cri de la mer, l’autre au cri de l’air,
Que les astres d’en haut, que les astres d’en bas,
Semble parler un mot d’amour à l’âme enfin lasse,
Et répandre sur elle une douceur sans fin.

Victor Hugo

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