Vers en floraison

Grille point de croix offerte par Arachné,
inspirée par deux grilles anciennes associées et remaniées par Arachné

« En croyant à des fleurs, souvent, on les fait naître. »
Edmond Rostand

« Là où les fleurs s’épanouissent, l’espoir renaît. »
Auteur inconnu

« Les fleurs sont la musique de la terre. »
Edwin Curran

« Au pays de fleurs, plus on est petit, plus on embaume. »
Alphonse Daudet

« Une fleur est un être entièrement poétique. »
Novalis

« La fleur exprime la bonté… je vous en offre un bouquet ! »
Laurent Avry

« La patience est une fleur qui ne pousse pas dans tous les jardins. »
John Heywood

Vers en floraison

Cette semaine, je vous offre une grille point de croix inspirée et née de l’harmonie entre deux motifs anciens que j’ai réinventés en les mêlant et en leur insufflant ma touche poétique.
Imprégnez-vous de cette géométrie florale où chaque point compose une strophe au contraste subtil empreint du rythme délicat d’une poésie en vers à la musicalité printanière.
Je vous propose de broder mes entrelacs de rimes florales en une palette de tons rose pâle et violet tendre agrémentés d’un doux vert olive afin de donner naissance à un style harmonieux au rythme enchanteur des strophes ornées de figures de style.
Êtes-vous prêtes, chères amies brodeuses, à écrire à l’aiguille cette forme de poésie brodée ?
Alors, vite, saisissez votre aiguille et donnez vie à cette grille exclusive.
Chaque point que vous poserez sur votre toile sera une rime d’émotion en poésie florale.

Deux
motifs
anciens
et
soudain
une
idée
naît
un
poème
en
lignes
précises
et
fleurs
sauvages
qui
trace
à
l’aiguille
en
couleurs
tendres
l’émotion
d’une
poésie
d’un
printemps
floral.

C B

Le bourgeon

Comme un diable au fond de sa boîte,
Le bourgeon s’est tenu caché.
Mais dans sa prison trop étroite
Il baille et voudrait respirer.

Il entend des chants, des bruits d’aile.
Il a soif de grand jour et d’air.
Il voudrait savoir les nouvelles
Il fait craquer son corset vert.

Puis d’un geste brusque, il déchire
Son habit étroit et trop court.
Enfin, se dit-il, je respire,
Je vis, je suis libre. Bonjour !

Paul Géraldy 


Fleurs d’aurore

Comme au printemps de l’autre année,
Au mois des fleurs, après les froids,
Par quelque belle matinée,
Nous irons encore sous bois.

Nous y verrons les mêmes choses,
Le même glorieux réveil,
Et les mêmes métamorphoses
De tout ce qui vit au soleil.

Nous y verrons les grands squelettes
Des arbres gris, ressusciter,
Et les yeux clos des violettes
À la lumière palpiter.

Sous le clair feuillage vert tendre,
Les tourterelles des buissons,
Ce jour-là, nous feront entendre
Leurs lentes et molles chansons.

Ensemble nous irons encore
Cueillir dans les prés, au matin,
De ces bouquets couleur d’aurore
Qui fleurent la rose et le thym.

Nous y boirons l’odeur subtile,
Les capiteux arômes blonds
Que, dans l’air tiède et pur, distille
La flore chaude des vallons.

Radieux, secouant le givre
Et les frimas de l’an dernier,
Nos chers espoirs pourront revivre
Au bon vieux soleil printanier.

En attendant que tout renaisse,
Que tout aime et revive un jour,
Laisse nos rêves, ô jeunesse,
S’envoler vers tes bois d’amour !

Chère idylle, tes primevères
Éclosent en toute saison,
Elles narguent les froids sévères
Et percent la neige à foison.

Éternel renouveau, tes sèves
Montent même aux cœurs refroidis,
Et tes capiteuses fleurs brèves
Nous grisent comme au temps jadis.

Oh ! oui, nous cueillerons encore,
Aussi frais qu’à l’autre matin,
Ces beaux bouquets couleur d’aurore
Qui fleurent la rose et le thym.

Nérée Beauchemin.

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