Lettres d’autrefois

« Les lettres sont des petits pas vers l’infini. »
Victor Hugo

« Chaque lettre est une porte ouverte sur un univers. »
Baudelaire

« Apprendre à écrire, c’est apprendre à rêver avec les doigts. »
Paul Éluard

« La broderie est l’écriture des femmes. »
Proverbe ancien

« L’écriture a ceci de mystérieux qu’elle parle. »
Paul Claudel

« Dans l’écriture, la main parle, et dans la lecture, les yeux entendent les paroles. »
Eugène Géruzez

« Les souvenirs sont des broderies que le temps n’use jamais. »
Auteur inconnu


Lettres d’autrefois

Je vous présente aujourd’hui mon alphabet d’écolière, brodé il y a déjà quatorze ans. Afin d’y imprimer l’âme des jeunes filles studieuses d’autrefois pour qui chaque point était une leçon de patience et de délicatesse, je l’ai entouré d’une bordure crochetée, une dentelle d’antan.
Ce que j’aime particulièrement dans cet alphabet, ce sont les lettres qui voguent entre le rouge passion et le bleu profond, elles évoquent les premiers apprentissages, la douceur d’une époque où en classe le temps semblait s’étirer vers de beaux jours.
Ce petit sampler d’écolière représente pour moi un peu de cette magie qui fait que la broderie ne vieillit jamais… mais se transmet, de génération en génération, comme un langage familial fait de beauté et de patience.
Alors, dites-moi, chères amies brodeuses, quelle est la broderie qui raconte en fils croisés une partie de votre histoire ?
Quel est ce motif que vous avez brodé, qui porte en soi toute une époque et qui à chaque fois que vous le regardez, vous ramène à des instants où le temps vous semblait suspendu, entre deux points de croix ?

Broderie
d’écolière
d’autrefois

les
lettres
voguent
en
rouge
passion
et
bleu
profond
leçon
d’une
classe
d’antan

l’apprentissage
guidait
vers
de
beaux
jours
et

dans
chaque
point
se
cache
un
langage
de
mémoire
magique
qui
se
transmet
de
mère
en
fille
un
instant
de
vie
suspendu
comme
une
part
d’éternel.

C B

L’alphabet

Il gît au fond de quelque armoire,
Ce vieil alphabet tout jauni,
Ma première leçon d’histoire,
Mon premier pas vers l’infini.

Toute la genèse y figure,
Le lion, l’ours et l’éléphant,
Du monde la grandeur obscure
Y troublait mon âme d’enfant.

Sur chaque bête un mot énorme
Et d’un sens toujours inconnu,
Posait l’énigme de sa forme
À mon désespoir ingénu.

Ah ! Dans ce long apprentissage
La cause de mes pleurs, c’était
La lettre noire, et non l’image
Où la nature me tentait.

Maintenant j’ai vu la nature
Et ses splendeurs, j’en ai regret :
Je ressens toujours la torture
De la merveille et du secret,

Car il est un mot que j’ignore
Au beau front de ce sphinx écrit,
J’en épelle la lettre encore
Et n’en saurai jamais l’esprit.

Sully Prudhomme


L’alphabet

Quand tu apprends l’alphabet
Ne laisse pas tomber une lettre
Car si elle se blesse
Tu ne trouveras plus le mot pour appeler
Demande à ta maman une chanson
Pour finir le chemin
Quand tu apprends l’alphabet
N’oublie pas le W
Car même s’il est le plus costaud
Il ne sort pas souvent et se sent un peu triste
Quand tu apprends l’alphabet
Rappelle-toi qu’avec vingt-six lettres
On peut faire beaucoup de mots
Et tu pourras les partager
Avec tes parents, tes amis, tes secrets.

Yvon Le Men

« Lettres d’autrefois », brodé en 2012 d’après une grille de Véronique Enginger

Commentaires

Articles les plus consultés