Georges Simenon - Maigret
Grille point de croix offerte par Arachné
Georges Simenon est né à Liège (Belgique), le treize février mille neuf cent trois et est décédé à Lausanne (Suisse), le quatre septembre mille neuf cent quatre-vingt-neuf.
C’est en 1931 dans son roman « Pietr‑le‑Letton » qu’il crée le personnage du commissaire Maigret.
Extrait du premier roman de Maigret « Pietr‑le‑Letton » :
« Le commissaire Maigret, de la 1re Brigade mobile, leva la tête, eut l’impression que le ronflement du poêle de fonte planté au milieu de son bureau et relié au plafond par un gros tuyau noir faiblissait.
Il repoussa le télégramme, se leva pesamment, régla la clef et jeta trois pelletées de charbon dans le foyer.
Après quoi, debout, le dos au feu, il bourra une pipe, tirailla son faux col, qui, quoique très bas, le gênait.
Il regarda sa montre, qui marquait quatre heures.
Son veston pendait à un crochet planté derrière la porte.
Il évolua lentement vers son bureau, relut le télégramme et traduisit à mi-voix : « Commission internationale de Police criminelle à Sûreté générale, Paris : Police Cracovie signale passage et départ pour Brême de Pietr‑le‑Letton. »
Conversation avec Simenon de Francis Lacassin (2004) :
« Au début, Maigret était assez simple.
Un gros homme placide qui, lui aussi, croyait plus à l’instinct qu’à l’intelligence, qu’à toutes les empreintes digitales et autres techniques policières.
Il en usait d’ailleurs, comme il y était obligé, mais sans trop y croire.
Petit à petit, nous avons fini en effet par nous ressembler un peu. Je serais incapable de dire si c’est lui qui s’est rapproché de moi ou moi de lui.
Il est certain que j’ai pris quelques-unes de ses manies et qu’il en a pris des miennes. »
Georges
Simenon
le
Commissaire
Maigret
et
sa
pipe
Paris
Quai
des
Orfèvres
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et
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C B
Lettre de Georges Simenon au Commissaire Maigret
Voici la lettre adressée à « M. et M me Maigret - Meung‑sur‑Loire » que Georges Simenon a écrite à Lausanne à son personnage, le commissaire Maigret, le vingt-six septembre mille neuf cent septante‑neuf :
Mon cher Maigret,
Vous allez probablement être étonné de recevoir une lettre de moi, alors que nous nous sommes quittés il y a environ sept ans. J’avais, à ce moment-là, pris une décision mûrement réfléchie : arrêter d’écrire. Cela ne signifiait pas que je n’écrirais plus jamais, mais que je ne publierais plus.
C’était une manière pour moi de me libérer de la contrainte de l’édition, de ne plus avoir à rendre des comptes.
Et vous, vous avez été le premier à en subir les conséquences. Vous aviez été avec moi pendant quarante-trois ans.
Nous avons traversé ensemble tant d’aventures que je ne pouvais imaginer ma vie sans votre présence.
Pourtant, il m’a fallu vous abandonner.
Pas pour vous oublier.
Bien au contraire.
Vous êtes resté une partie essentielle de moi-même.
Je me suis souvent demandé ce que vous deveniez depuis que je ne vous faisais plus vivre sur le papier. Vous avez sans doute continué vos enquêtes, dans ce commissariat du quai des Orfèvres où vous aviez vos habitudes, votre bureau, votre pipe et votre éternelle patience.
Mais que devenez-vous vraiment ?
Je vous imagine toujours fidèle à vous-même, avec votre humanité, votre intuition, cette manière unique de comprendre les autres et de les amener à se révéler.
Peut-être, parfois, avez-vous regretté que je ne sois plus là pour relater vos enquêtes ?
Ou peut-être avez-vous éprouvé un certain soulagement de ne plus être sous le regard d’un auteur, de ne plus être « mon Maigret », mais d’être simplement vous-même ?
Moi, je ne vous ai jamais oublié. Vous êtes, et resterez, une partie de moi, une partie essentielle.
C’est à travers vous que j’ai appris à comprendre les hommes, à partager leur vie, leurs espoirs et leurs désespoirs.
Pardonnez-moi de m’être éloigné.
C’était nécessaire.
Mais sachez que je pense souvent à vous, que vous vivez encore dans mon esprit, et que je vous suis reconnaissant pour tout ce que vous m’avez apporté.
Avec toute mon affection.Georges Simenon



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